10 stéréotypes sur les Indiens d’Amérique du Nord

Une vision réductrice…

Catlinpaint - Indiens

George Catlin (1796-1872), représentation de tipis.

Quand nous pensons aux Indiens d’Amérique du nord, une image nous vient immédiatement à l’esprit. Celle de redoutables cavaliers nomades coiffés de plumes se reposant dans des tipis.

Cette perception des Amérindiens, véhiculée par la plupart des westerns, se révèle extrêmement réductrice.  Des tribus vivaient de cette manière, mais seulement au 19ème siècle et uniquement au sein  des Grandes Plaines.  800px-Map_of_Great_Plains.svgLes Grandes Plaines apparaissent en vert sur la carte. En rouge, le 100ème méridien. Swid (Wikimedia Commons).

Pourtant, l’histoire des Indiens d’Amérique débute lors de la dernière période glaciaire, il y a environ 40.000 ans, quand des peuplades asiatiques franchirent à pied le Détroit de Béring pour s’établir en Amérique.Beringia_-_late_wisconsin_glaciationL’Asie et l’Amérique ne formaient à cette époque qu’un seul continent. La banquise, beaucoup plus vaste qu’aujourd’hui, retenait une grande partie de l’eau de mer sous forme de glace. Le niveau des océans s’abaissa et des espaces aujourd’hui engloutis formaient des bandes de terre au sec, comme le détroit de Béring.  (Image libre de droit, in. http://esp.cr.usgs.gov/). Ces premiers Américains occupaient un vaste territoire, du Texas à l’Alaska et de la Californie à l’État de New-York. Tant d’ères et d’aires où s’épanouirent des civilisations très variées,  pourtant méconnues car éclipsées par le stéréotype des lndiens des Plaines.

En revenant sur les idées reçues associées à ces peuples, vous découvrirez certainement de nouvelles cultures. Pour vous accompagner dans cette aventure, quelques musiques amérindiennes.

Liste des musiques

Langues et signes

1) Des Indiens, Une myriade de langues

Les Indiens d’Amérique du Nord ne parlaient pas le même langage. Différents peuples aux idiomes variés parsemèrent le continent. Iroquois, Sioux, Uto-Aztèques, Inuits, sans compter les isolats… autant de groupes linguistiques que d’ethnies disparates.

Chacune de ces familles de langue comprenaient  de nombreux dialectes. En tout, plus de 296 langues étaient employées en Amérique du Nord avant la conquête européenne. la carte ci-dessous présente les multiples familles de langues nord-amérindiennes.

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Carte des familles des langues nord-amérindiennes. Ish Ishwar (Wikimedia Commons).

Il se révélait si difficile pour ces peuples de communiquer entre eux que les clans des Grandes Plaines adoptèrent un langage des signes commun. Cet extrait d’une vidéo anonyme de 1930 présente un concile de chefs Indiens de différents clans s’exprimant de cette manière.

2) Le « whoo whoo », main devant la bouche, n’a jamais existé

La gestuelle et les expressions faciales associées à cette langue des signes sont peut être à l’origine d’un autre stéréotype. Celle de l’Indien qui, avant une bataille, disposait sa main devant sa bouche et tapotait dessus en criant  « whoo whoo whoo. »

Cependant, seules les femmes employèrent cette onomatopée, quand leurs maris partaient et revenaient d’une expédition, ou encore lors de rites funéraires. De plus, les Indiennes ne mettaient pas la main devant la bouche pour émettre ce son.

À l’instar de nombreuses civilisations, les hommes adoptèrent des cris de guerre pour se donner du courage et intimider l’adversaire avant le début des hostilités. Toutefois, ces clameurs ne ressemblaient en rien à la fameuse interjection « whoo whoo whoo. »

3) Les Indiens d’Amérique ne disaient pas « Hugh ! »
indiens clichés

« Salut Hughes, hugh salut ! » (Image du grand détournement, détournant un western de la Warner Bross).

Un autre stéréotype porte cette fois sur la célèbre formule de salutation, « How », voire « Hugh (visage pâle) ! »

Comme nous l’avons déjà mentionné, l’Amérique du Nord comptait jadis près de 300 langues. Si les mots « how » et « hugh » furent employés, ils ne l’étaient que par quelques peuples.

L’origine de ce vocable demeure obscure. L’expression apparaît dans l’ouvrage Relations des Jésuites contenant ce qui s’est passé de plus remarquable dans les missions des Pères de la Compagnie de Jésus dans la Nouvelle-France, vol. I, 1611, 1626, 1632 à 1641, Augustin Coté éditeur, Québec, 1858, 128-4:

« ChacunDes Wyandots, un peuple huron du Nord-Est de l’Amérique. conclut son conseil en ces termes : – Condayauendi lerhaytle cha nonhSicSahachen, c’est à dire -voilà ma pensée touchant le sujet de notre conseil. Puis, toute l’assemblée répond par une forte respiration tirée du fond de l’estomac : – Haau !»

Nous voyons dans cet exemple que l’expression ne sert pas à saluer quelqu’un. Nous trouvons chez les Creeks, cette fois au sud-est, une interjection assez proche : « hvo », mais cette dernière signifie simplement « oui ».

Ces exemples nous prouvent que le fameux « hugh ! » ne semblait guère utilisé pour saluer quelqu’un.

Ciel et terre

4) Le phénomène des totems

Vous pensez certainement que les Indiens d’Amérique du Nord employaient des mâts totémiques, que ces sculptures aux figures énigmatiques rythmaient leurs cérémonies religieuses ? Il s’agit là encore d’un stéréotype.

D’une part, seuls les Indiens du Pacifique Nord employèrent ces sculptures. D’autre part, les mâts totémiques ne constituaient pas des objets de culte.  Ces poteaux richement sculptés pouvaient revêtir deux fonctions différentes :

  • Ils commémoraient un événement important de l’histoire d’un clan. En témoigne cette photographie du mât totémique de la tribu tlingit Kiks.ádi, érigé en souvenir de la bataille de Sitka, en Alaska, en 1804.Dès le 18ème siècle, les Russes franchirent le détroit de Béring pour coloniser l’Alaska, s’opposant aux  autochtones de langues inuits et na-dénés. Les Américains rachetèrent ce territoire en 1867. L’ancienne présence russe est encore visible en Alaska. Cette photographie de Wanetta Ayers (Wikimedia Commons) présente… l’église orthodoxe du village d’Unalaska. 800px-UnalaskaAlaska
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Mât totémique du clan Tlingit Kiks.ádi, érigé en souvenir de la bataille de Sitka. Photographie de Robert A. Estremo.

  • Ils servaient d’emblèmes pour les clans. On y retrouvait les figures associées à la mythologie et l’histoire de la tribu. Le mât ci-dessous met en avant une grenouille, figure héraldique du clan tlingit Kiks.ádi. Les Indiens du Pacifique Nord attachaient une grande importance à ces animaux totémiques, symboles des clans. Cette coiffe du 19ème siècle d’un chef tlingit, exposée au Musée du Quai Branly, présente les deux figures représentatives de sa tribu : l’ours et le huart à gorge rousse. (Photographie libre de droit de votre humble serviteur, qui ne sait pas encore comment activer la fonction antireflet de son appareil photo…) DSCN0009
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Mât totémique du clan Kiks.ádi. Photographie de James Crippen.

  • Si les peuples du Pacifique nord étaient les seuls Amérindiens à dresser des mâts totémiques, nous en retrouvons également au sein d’autres cultures, comme le prouve cette sculpture polynésienne de Nouvelle-Guinée.
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Mâts de la Nouvelle-Guinée. Photographie de David R. Ingham.

5) Les Indiens, pas seulement des nomades dans des tipis

Quelques populations amérindiennes employèrent effectivement le tipi… parmi bien d’autres types d’habitations. En fonction du climat dont ils dépendaient, les Indiens s’adaptèrent aux multiples milieux composant l’Amérique du Nord.

La carte interactive ci-dessous, crée par votre humble serviteur (qui s’est plié en quatre pour vous !), tente de dresser une liste exhaustive de toutes ces demeures, à travers différentes époques.

Le document est extrêmement vulgarisé pour des raisons évidentes de compréhension. Certains clans migrèrent plusieurs fois au cours de l’histoire, ne demeurant pas seulement à l’emplacement présenté sur le document.

Les différents habitats des Nords-Amérindiens

Cliquez sur les différentes régions pour y découvrir l'habitat associé !

(Création de votre humble serviteur, à partir d'une carte d'Amérique du Nord importée par Agyle, Wikimedia Commons).

Amérindiens du Nord-Est

.QUI :
==> Les Iroquois et quelques clans algonquins, au moins depuis le 10ème siècle et jusqu'au 19ème siècle.

.HABITAT:
==> Maison longue en bois et en chanvre.

Ces tribus vivaient dans des maisons longues, accueillant tous les membres d'une famille au sens large du terme. Ces habitations s'articulaient autours d'un feu au centre du village. Une palissade protégeait et délimitait le site.

.MODE DE VIE :
==> Semi-nomadisme.

Ces Amérindiens bénéficiaient du climat tempéré de la région. Ils cultivaient les trois sœurs amérindiennes (maïs, haricot, courge), ainsi que le tournesol, le tabac et le chanvre. La qualité de la terre s'épuisant à cause de son exploitation intensive, les Iroquois changeaient de village tous les 20 ans en moyenne.

Au début du printemps, les hommes partaient pêcher. En automne, ils chassèrent les cervidés, les ours et les castors pour s'approvisionner en viande et en fourrure durant l'hiver.

.CRÉDITS :
=> Illustration anonyme du village de Pomeioc en Caroline du Nord, 1585, National Archives and Record Administration, College Park.

=> Reconstitution d'un village huron (peuple de langue iroquoise), Saint-Félix-d'Otis, Québec. Pierre5018 (Wikimedia Commons).

Amérindiens du nord

.QUI ?
=> La majorité des clans algonquins, au moins depuis le 15ème siècle et jusqu'au 19ème siècle.

.HABITAT:
=> Wigwam. Tente en forme de dôme.

L'habitat algonquin par excellence est le wigwam, tente en bois recouverte de peaux en hiver.

Au nord-ouest, influencés par les Indiens des Plaines, les clans adoptèrent également le fameux Tipi. Ces deux habitations convenaient au mode de vie de la plupart des Algonquins.

.MODE DE VIE :
=> Nomadisme.

L'agriculture ne séant pas à cette région subarctique, les Algonquins adoptèrent un mode de vie nomade :

Au printemps et en été, ils vivaient de la cueillette des fruits rouges, de la pêche et de la chasse aux oiseaux.

En automne et en hiver, ils traquèrent des cervidés, des ours, des castors et des loutres pour leurs viandes et leurs fourrures.

.CRÉDITS :
=> Photographie anonyme d'un campement algonquin avec un wigwam en forme de dôme et des tipis. Minnesota Historical Society, 1928.

=> Photographie d'un Wigwam d'écorce de bouleau construit par Barry Dana, Maine, États-Unis. Cortomaltais (Wikimedia Commons).

Amérindiens du Mississippi

.QUI ?
=> Différents peuples amérindiens avec des traits culturels communs, de 800 à 1600.

.HABITAT:
=> Maison en torchis (mélange d'eau, d'argile et de fibres sur une ossature de bois), sur une plateforme surélevée.

Dès -3500, des Amérindiens édifièrent dans la région des tertres artificiels afin d'y déposer la dépouille de leurs plus prestigieux défunts.

Grâce au développement des techniques agricoles, ces populations prospérèrent. Des villes apparurent dès le 9ème siècle, le long des fleuves Mississippi et Ohio. La cité de Cahokia fut la plus imposante. Aux 11ème et 12ème siècle, le site compta jusqu'à 30.000 âmes.

.MODE DE VIE :
=> Sédentarisme.

Les Amérindiens des cultures du Mississippi vivaient de l'agriculture grâce au climat tempéré de la région et de la fertilité du sol. Les trois sœurs amérindiennes (maïs, courge, haricot) et le tournesol furent exploitées de manière intensive. La chasse et la pêche complétaient cette alimentation.

.CRÉDITS :
=> Reconstitution du site de Kincaid, Illinois. Peinture de Herbert Roe.

=> Town Creek Indian Mound, Pee Dee, Caroline du Nord. Zachary Williams (Wikimedia Commons).

Amérindiens de Floride

.QUI ?
=> Aux 18ème siècle, afin de s'émanciper de la tutelle d'autres clans, des Indiens s'établirent en Floride. Des esclaves afro-américains en fuite les rejoignirent. Cette population métissée donna naissance au peuple séminole.

.HABITAT:
=> Chickee. Demeure au toit de chaume reposant sur des poteaux de bois.

En guerre contre les États-Unis de 1816 à 1859, les Séminoles se réfugièrent dans les Everglades. Ils inventèrent les chickees, des habitations adaptées au climat humide et chaud de cette région. Ces abris se révélèrent faciles et rapides à construire.

.MODE DE VIE :
=> Semi-Nomadisme.

Pourchassés par les troupes américaines, les Séminoles abandonnaient souvent leurs sites. Ils pouvaient cependant bâtir promptement un nouveau village de chickees.

Les Séminoles vivaient de l'agriculture et surtout de l'élevage.

.CRÉDITS :
=> Marks, Don (State Archives of Florida), village séminole. In. http://floridamemory.com/items/show/269978

=> Peirthmann, Irvin (State Archives of Florida), village séminole. In. http://floridamemory.com/items/show/164918

Améridiens de l'ouest du Mississippi

.QUI ?
=> Les Caddos et les Wichitas, du 6ème au 16ème siècle.

.HABITAT:
=> demeure en forme de ruche se composant de roseaux et d'herbes sèches.

Les Caddos et les Wichitas bâtissaient des tertres funéraires à l'instar des autres Cultures du Mississippi.

Ils s'en distinguaient cependant par un habitat singulier, adapté au climat aride de cette région.

.MODE DE VIE :
=> Semi-Nomadisme.

Les Caddos et les Wichitas cultivaient le maïs, la citrouille, le tournesol et le tabac autours de la Rivière Rouge.

Les hommes des clans qui vivaient à proximité des Grandes Plaines s'absentaient de longues semaines pour traquer le bison.

Les dindons revêtaient également une grande importance dans la culture caddoane. Non seulement consommés pour leur chair, ils servaient à garder le village. Quand des intrus s'approchaient du site, ces animaux gloussèrent, alertant les habitants du danger.

.CRÉDITS :
=> Village wichita, litographie anonyme vers 1860.

=> Reconstitution d'une demeure des Caddos et des Wichitas. © Kansas Historical Society, avec leur accord. Thanks ! http://kshs.org/

Amérindiens du nord des Grandes Plaines

.QUI ?
=> Trois tribus alliées : Mandans, Hidatsas et Arikaras, ainsi que les Pawnees, du 16ème au 19ème siècle.

.HABITAT:
=> huttes circulaires en terre en forme de dôme.

Ces habitations pouvaient abriter jusqu'à 40 personnes et chaque village comprenait une centaine de maisons.

.MODE DE VIE :
=> Semi-Nomadisme.

Ces Indiens cultivaient les trois sœurs américaines (le maïs, les haricots, les courges), à proximité du fleuve Missouri.

À l'instar du Nil, cette rivière dépose un limon fertile le long des rivages lors de crues annuelles, améliorant le rendement agricole.

Si les femmes cultivaient la terre, les hommes partaient durant plusieurs semaines pour traquer des bisons, des cerfs et des oiseaux. Ils employaient des tipis comme abris lors de leurs chasses itinérantes.

.CRÉDITS :
=> Village mandan, peinture de George Catlin, vers 1833.

=> Reconstitution d'une hutte de terre, village de Knife River. Xerxes2004 (Wikimedia Commons).

Amérindiens des Grandes Plaines

.QUI ?
=> De nombreux peuples de langues disparates, dont des Sioux, des Algonquins et des Shoshones.

.HABITAT:
=> le fameux tipi, mot Sioux signifiant "employé pour y habiter".

Composées de perches de bois et de peaux de bison, ces tentes élaborées convenaient au mode de vie de ces Amérindiens.

.MODE DE VIE :
=> Nomadisme.

Les Indiens au centre des Grandes Plaines ne pratiquaient pas l'agriculture. Ils vivaient de la chasse au bison, et accessoirement de l'ours. Ces animaux furent traqués aussi bien pour leur chair que pour leur cuir.

L'arrivée des Européen bouleversa les habitudes de ces populations. Vous saurez pourquoi en lisant le point suivant : 6) La place du cheval dans la culture amérindienne

.CRÉDITS :
=> Tipi siksika, début du 20ème siècle. Photographie originale de Walter McClintock. Mise en ligne par Beinecke Library (Flickr).

=> Campement de Sioux. Aquarelle de Karl Bodmer de 1833.

Amérindiens du sud des Grandes Plaines

.QUI ?
=> Majoritairement, les tribus apaches du 13ème/16ème au 19ème siècle.

.HABITAT:
=> Le Hogan. Bien que les Apaches employaient aussi des tipis et des wickiups (voir "Amérindiens de Californie et d'une partie du Grand Bassin"), le hogan est l'habitation la plus caractéristique de ce peuple.

Adapté au climat aride en conservant la fraîcheur, le hogan se compose d'une arcature de bois recouverte de terre.

Les photographies présentent les deux types de hogans :

À gauche, le hogan femelle, de forme circulaire. Il s'agissait du logement familial.
À droite, le hogan mâle, avec son vestibule caractéristique, employé pour les cérémonies religieuses.

.MODE DE VIE :
=> Semi-Nomadisme.

Seuls quelques clans apaches pratiquaient l'agriculture.
Pour survivre dans ce milieu aride, les hommes chassaient des lapins, des cervidés, des bisons...
Les femmes s'occupaient de la cueillette des fruits, légumes et des plantes médicinales.

.CRÉDITS :
=> Reconstitution d'un hogan femelle. PRA (Wikimedia Commons).

=> Reconstitution d'un hogan mâle. Wolfgang Staudt (Flickr).

Amérindiens du sud de l'Oasisamérique

.QUI ?
=> Les Anasazis, Mogollons et Hohokams, du 8ème au 14ème siècle.

.HABITAT:
=> Demeure en adobe (briques de terre séchées au soleil). À Mesa Verde, les Anasazis édifièrent une imposante cité, nichée à l'abris d'un canyon.

Ces Amérindiens bâtissaient aussi des demeures à demi-enterrées dans le sol : les maisons-puits.

.MODE DE VIE :
=> Sédentarisme.

Les Amérindiens de l'Oasisamérique pratiquaient l'agriculture. Ils cultivaient les trois sœurs amérindiennes (le maïs, les haricots, les courges), ainsi que le coton, l'agave et le tabac. Ils pouvaient même établir leurs champs sur... des mesas. Ces hauts-plateaux offraient une surface plane idéale pour l'agriculture.

Influencés par les civilisation d'Amérique centrale, ils adoptèrent des techniques d'irrigation développées.

Ils complétaient cette alimentation en élevant des dindes et en chassant des bisons, des cervidés et des mouflons.

.CRÉDITS :
=> Cliff Palace, Mesa Verde National Park, Colorado. Andreas F. Borchert (Wikimedia Commons).

=> Maisons-puits hohokams. Tony the Marine (Wikimedia Commons).

Amérindiens du nord de l'Oasisamérique

.QUI ?
=> Amérindiens de la culture Frémont, du 8ème au 14ème siècle.

.HABITAT:
=> Si les Frémonts habitaient dans des maisons-puits (voir Indiens du sud de l'Oasisamérique), ils exploitèrent les nombreuses grottes de la région afin d'y installer leurs greniers. La fraîcheur de ces cavernes permettait d'y conserver les aliments.

Les Frémonts peignirent de nombreuses scènes sur les parois des grottes, comme celle de "La Grande Chasse" (la photographie à gauche).

.MODE DE VIE :
=> Semi-Nomadisme.

S'ils cultivaient le maïs, les Frémonts se déplaçaient souvent pour la chasse. Suivant les troupeaux d'animaux, ils changèrent souvent de village.

.CRÉDITS :
=> Pétroglyphe de la Grande Chasse, Nine-Mile Canyon, Utah. Scott Catron (Wikimedia Commons).

=> Grenier troglodyte frémont. Capitol Reef National park, Utah. Bob Palin (Wikimedia Commons).

Amérindiens de Californie et d'une partie du Grand Bassin

.QUI ?
=> Une mosaïque de peuples parlant des langages très variés.

.HABITAT:
=> Wickiup fait de saûles et de végétaux.

Si les habitants de la Californie et du Grand Bassin formaient une diversité de cultures, la plupart de ces clans employaient le wickiup en guise d'habitation.

Le wickiup, à l'instar du wigwam chez les Amérindiens du nord, est une habitation en forme de dôme bâtie à l'aide de branches de saules et recouverte de végétaux. Son apparence diffère en fonction des peuples.

.MODE DE VIE :
=> Varie en fonction des clans. Le Wickiup sied d'avantage aux nomades.

Cette région du continent américain offre une diversité de paysages. En fonction de leur territoire, les Amérindiens adoptèrent un mode de vie différent.

Les populations côtières vécurent de la pêche et de la collecte de crustacés.

A l'intérieur des terres, les peuples sédentaires cultivèrent les trois sœurs amérindiennes (maïs, haricot, courge), ainsi que les melons et les potirons.

.CRÉDITS :
=> Wickiup d'un camp apache. L'homme-médecine et sa famille, vers 1885. Photographie de Randall, A. Frank, in. http://digital.denverlibrary.org/cdm/ref/collection/p15330coll22/id/36795

=> Wickiups du peuple ute, vers 1885. In. http://digital.denverlibrary.org/cdm/ref/collection/p15330coll22/id/23348

Amérindiens du Pacifique nord

.QUI ?
=> Majoritairement, des Amérindiens de langue na-déné.

.HABITAT:
=> Maison en planches de cèdre.

Ces vastes demeures rectangulaires en planches de cèdre pouvaient atteindre 30 mètres de long et 8 mètres de large. Privés de fenêtres, ces habitations n'avaient d'autres baies qu'une étroite anfractuosité par laquelle les Indiens entraient dans leurs demeures.

Les cèdres étaient abattus à l'aide de haches en pierre ... ou en dents de castors.

.MODE DE VIE :
=> Sédentarisme.

Certains peuples, à l'instar des Haidas et des Tinglits, s'établirent le long de la côte où ils vivaient de la pêche.

Les villages se composaient de ces habitations et de mâts totémiques (voir 4 : Le phénomène des totems).

.CRÉDITS :
=> Maison de planches Yurok, village de Sumég, nord-ouest de la Californie. Scott D. Sullivan (Wikimedia Commons).

=> Village indien de Skidegate, Colombie-Britannique, Canada. Photographie de 1878 de Georges M. Dawson.

Amérindiens du Grand Nord

.QUI ?
=> Les Inuits (improprement nommés "Esquimaux") d'Amérique du Nord.

.HABITAT:
=> tupiq, qammaq et igloo.

Au début du printemps et en été, les Inuits vivaient dans une tente en peau de phoque (la tupik).

À la fin de l'été et en automne, les Inuits habitaient dans des qammaqs, des maisons circulaires dont le toit se composait de la toile déployée de la tente estivale.

La célèbre igloo (ce mot est féminin si l'on se réfère à l'Inuktikut) n'était employée qu'en hiver. La température à l'intérieur de cet habitat pouvait atteindre les 20°.

.MODE DE VIE :
=> Nomadisme.

Les populations pratiquaient la chasse et la pèche. Il traquaient notamment les bœufs musqués, les phoques, les morses et les baleines.

Dans ces régions rudes, la vie était entièrement dévolue à ces activités. Il suffit, pour s'en convaincre, de s’intéresser aux esprits (et non aux dieux !) de la mythologie inuit.

Tekkeitsertok, maître des caribous et esprit de la chasse, était souvent invoqué.

Les Inuits qui pourchassaient les animaux sans suivre les rituels appropriés s'exposaient à la colère de Na'nuq, le plus imposant des ours polaires.

Les Inuits pensaient que le succès de leurs pêches dépendait de l'humeur de Sanna, esprit demeurant au fond de l'océan.

.CRÉDITS :
==> Famille inuit et son malamute devant un tupik. In. W.E. Mason, dogs of all nations, éditeur ?, 1915, 156 p.

=> Qammaq inuit à Provideniya, Chukotka, Russie. Photographie d'Edward S. Curtis, 1899. In. http://digitalcollections.lib.washington.edu/cdm/singleitem/collection/harriman/id/192

6) La place du cheval dans la culture amérindienne

Nous nous représentons les Indiens d’Amérique comme des cavaliers hors-pairs. Cependant, il ne faut pas oublier que pendant très longtemps, les Amérindiens n’employaient pas de chevaux. Ce furent les populations blanches qui importèrent cet animal au Nouveau-Monde.

En effet, le cheval demeura absent du continent américain avant son introduction par les Espagnols.

Un problème de poids…

Avant le 16ème siècle, les Indiens d’Amérique du Nord ne disposaient que de chiens comme animaux domestiques. Ils employaient ces bêtes pour tirer leurs affaires sur des travois. traîneaux composés de deux branches en forme de V. Blackfoot_travois_2Illustration de travois, In. Clark Wissler, Material culure of Blackfoot Indians, 1910, p. 89.

Indiens travois

Gravure présentant un chien employé pour porter les affaires des Amérindiens. In. Wissler, Clark, The American Indian; an introduction to the anthropology of the New World, D.C Mc. Murtire, New-York, 1917, 512 p.

Cependant, la charge que pouvait supporter les canins était limitée. De plus, ces fidèles compagnons s’épuisèrent rapidement.

La donne changea avec la domestication du cheval.  Ces animaux pouvaient supporter des charges plus lourdes et parcourir de plus longues distances. Les tipis devinrent ainsi plus volumineux et  la pratique du nomadisme s’intensifia.

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Indienne de la tribu Kaina (sud-ouest du Canada) avec des chevaux utilisés pour le transport de biens. Photographie de Rafton-Canning, A, 1910.

La chasse à pied

Sans chevaux, la chasse s’avérait plus ardue. Traquant les animaux à pied, le rayon d’action des Indiens d’Amérique était limité. Afin de faciliter la tâche, de nombreux rites et danses cérémonielles devaient attirer les troupeaux de bêtes sauvages à proximité des villages ou des campements.

Ne pouvant poursuivre les animaux en fuite, les Amérindiens employaient des méthodes consistant à s’approcher des bêtes sauvages sans éveiller leurs soupçons.

Lors de la chasse aux bisons, par exemple, les hommes s’avancèrent vers les bovidés déguisés en loup. Les bisons tolèrent en effet la présence de ces carnivores qui dévorent les dépouilles des veaux morts-nés.

Buffalo Hunt under the Wolf-skin Mask, 1832?33 oil 24 x 29 in. Smithsonian American Art Museum, Gift of Mrs. Joseph Harrison, Jr. Before they acquired horses in the eighteenth century, Indians developed ingenious methods to hunt buffalo on foot. One method was the stealthy approach in disguise. Since more than half the calves born each year died, bison tolerated the packs of wolves that took care of the carcasses. Buffalo were unprepared, however, for Indians in wolves' clothing, who approached "within a few rods of the unsuspecting group, and easily [shot] down the fattest of the throng."

George Caitlin. Buffalo Hunt under the Wolf-skin Mas, 1832-1833. Huile sur toile.  Smithsonian American Art Museum.

Avec l’arrivée du cheval, les Indiens pouvaient désormais parcourir de plus longues distances pour traquer le bison. Il s’avérait également plus facile de poursuivre les animaux en fuite.

Des tribus devinrent ainsi exclusivement nomades en partant de plus en plus loin, et de plus en plus longtemps pour débusquer ces bovidés.

Buffalo_Hunt_on_the_Southwestern_Prairies

John Mix Stanley (1814–1872) La chasse aux bisons dans les Grandes Plaines. 1845, huile sur toile. Conservé au Smithsonian American Art Museum.

De cette manière, certains clans d’Indiens d’Amérique devinrent d’excellents cavaliers. Ils comprirent rapidement les avantages d’employer une telle monture en temps de guerre.

Guerres et paix

7) les Indiens fumaient le calumet de la paix…

Seuls les Indiens des Grandes Plaines employaient à l’origine le calumet de la paix. De plus, ces derniers n’utilisaient pas seulement cette pipe sacrée pour marquer la fin d’un conflit.

La fumée qui s’échappait de cet instrument atteignait les cieux afin de communiquer avec Wakanda, le Grand Esprit. Accompagnant la plupart des cérémonies religieuses, le calumet devait être manié avec précaution et déférence.

Permettre à son interlocuteur de toucher et de fumer le calumet constitua un signe de respect et de confiance. Voilà pourquoi il fut employé pour conclure des accords importants, y compris les traités de paix avec les populations blanches.Rares furent les accords respectés par les colons. En 1868, par exemple, le gouvernement des États-Unis et les Sioux signèrent le traité de Fort Laramie. Ce dernier attribua aux Amérindiens le domaine des Black Hills dans le Dakota du Sud. Les Américains violèrent l’accord en 1877, quand ils découvrirent de l’or dans la région. Auri sacra fames !

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Un calumet de la paix sioux, décoré de plumes. Photographie provenant d’un catalogue d’une exposition (laquelle ?) conservée à la Bibliothèque du congrès (avec plus de 20 millions d’ouvrages conservés  dans cet établissement, nous voilà avancé…) . Wikimedia Commons.

8) … Et déterraient la hache de guerre

La pratique d’enterrer « la hache de guerre » en temps de paix et de la déterrer quand les hostilités reprenaient existait bel et bien. Il s’agissait de faire disparaître de manière symbolique les armes lors des périodes de trêve et de les faire réapparaître lors des conflits. Tant que durait l’affrontement, la « hache de guerre » demeurait plantée dans un poteau.

Cette coutume fut cependant seulement en usage chez les peuples du Canada et de l’est des États-Unis.

Nous trouvons un exemple de cette tradition dans l’article 13 du traité de Hopewell.Ce traité, signé entre le gouvernement des États-Unis et les Cherokees en 1785, porte sur différents points (restitution de prisonniers, délimitation du territoire des Cherokees, traités de commerce…) Si ce dernier vous intéresse, vous pouvez le consulter en ligne ici !  

hatchetLa hachette en question était une arme typique des peuples amérindiens : le tomahawk.  Les premiers tomahawks se composaient d’une pierre taillée attachée à une hampe de bois. Avec l’arrivée des Européens, le fer remplaça le matériau originel.

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Tomahawk Nez Percé de plus d’un mètre ! Nez Perce National Historical Park, NEPE 1632.  Nez Perce (Wikimedia Commons).

9) Les Indiens scalpaient leurs adversaires

La scalpation, usage qui consiste à arracher le cuir chevelu de son adversaire, semble inhérente aux Indiens d’Amérique. A l’origine, seuls quelques peuples se livrèrent à cette pratique, notamment les Iroquois, quelques cultures du Mississippi et des Indiens de Floride. À en croire les témoignages de Jacques Cartier pour les premiers, des découvertes archéologiques de crânes scalpés pour les seconds et des gravures peu flatteuses du 16ème siècle de Jacques Le Moyne pour les derniers.

Ça n’est qu’avec l’arrivée des Européens que la scalpation se généralisa à l’ensemble du continent. Pour comprendre ce phénomène, nous pouvons nous pencher sur cette gravure anonyme de 1789 « An Indian warrior entering his wigwam with a scalp. »

Regarder attentivement les figures en arrière plan et n’hésitez pas à cliquer dessus pour mieux les distinguer !

À votre gauche, vous découvrez un Indien scalpant un soldat blanc. A votre droite… deux autres autochtones, armes en joue, semblant suivre les ordres d’un militaire européen.

En effet, Anglais et Français entraînèrent les Indiens d’Amérique dans les guerres qu’ils se livraient. Les deux puissances s’étant alliées à différents peuples Amérindiens,  les clans amis des britanniques déclarèrent la guerre à leurs congénères supportant la Couronne de France...Les Iroquois, par exemple, soutenaient activement les Anglais. Ils déclarèrent la guerre aux Hurons, alliés des Français… Les deux peuples s’épuisèrent dans ce conflit. La gravure ci-dessous présente une bataille entre Hurons et Iroquois au Lac de Champlain en 1609. In. Jean Berkon, « les voyages du sieur de Champlain », Paris 1613, page 232. Iroq2

Les Européens généralisèrent la pratique du scalp en offrant des primes aux Indiens qui rapportaient des cuirs chevelu d’ennemis.

Plus tard, le gouvernement des États-Unis adopta également ce système, récompensant les personnes leur apportant des scalps de hors-la-loi. La scalpation fut ainsi pratiquée, non seulement par les Indiens, mais aussi par tous les aventuriers et chasseurs de prime du far-west.

En témoigne cette illustration… de Buffalo Bill qui aurait scalpé le chef amérindien « Yellow Hand ».

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Le duel de Buffalo Bill avec Yellow Hand. Illustration de James W. Buel, 1881.

Et en prime…

10) Les 1ers européens au Nouveau Monde

Oubliez la vieille maxime scolaire …  Christophe Colomb n’est pas le premier Européen à avoir posé le pied en Amérique.

Cet honneur revient… au viking Leifr Eiríksson vers l’an 1000. Leifr Eiríksson, est, comme son nom norrois l’indique, le fils d’Eirik, et plus précisément du célèbre Erik le rouge. Ce dernier fut banni d’Islande pour une histoire de meurtre et de vengeance. Embarquant vers l’ouest, Erik le rouge découvrit le Groenland en 982, qu’il nomma ainsi (la « terre verte ») pour attirer des colons.

Son fils, Leifr, explora les territoires à l’ouest du Groenland et atteignit les rives … de l’actuel Canada.

Il découvrit le Helleland (La « terre des pierres plates », sans doute l’île de Baffin), puis le Markland (« la terre des forêts », aujourd’hui le Labrador). Il poursuivit son voyage jusqu’à la terre qu’il nomma Vinland (« la terre des vignes », désormais Terre-Neuve).

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Voyage de Leifr Eriksson, depuis le Groenland jusqu’au Vinland (Terre-Neuve, Canada).

Au Vinland, les Vikings établirent la première colonie européenne d’Amérique. Poursuivant l’oeuvre de Leifr Eiríksson, d’autres explorateurs nordiques développèrent l’établissement de l’Anse aux Meadows, au Canada, dont nous pouvons aujourd’hui admirer une reconstitution.

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Reconstitution du site viking de Newfoundland, Canada. Photographie de Dylan Kereluk (Flickr).

Vers 1010, les Vikings abandonnèrent cette éphémère colonie, sans doute à cause d’un conflit avec les populations locales, que les nordiques nommèrent de manière fort sympathique skrælingar (hommes laids, ou hommes difformes, rachitiques).

Depuis 1964, les états-unis rendent hommage à l’explorateur viking Leifr Eiríksson. Ils firent du 9 octobre un jour férié, le Leif Erikson day.

Mary MacGregor: Stories of the Vikings, Leif Ericson on the shore of newly discovered Vinland, 1908

Mary MacGregor: Stories of the Vikings, Leif Ericson on the shore of newly discovered Vinland, 1908

Au passage, si vous pensez que les Vikings portèrent des casques à corne, tel que celui présenté sur cette illustration de Leifr Eiríksson, vous devez lire cet article !

Niveau Bonus : La cité oubliée de Cahokia

Cahokia fut la plus imposante des cités du nord de l’Amérique. La ville, occupé dès le 6ème siècle, compta jusqu’à 30.000 âmes dès le 12ème siècle. Déclinant dès le 13ème siècle, le site est désormais oubliée du grand public.

Nous ignorons quelle fut le véritable nom de ce centre amérindien. Cahokia est le nom que les Indiens donnaient à la région,  bien après la disparition de la cité.

Cette carte interactive (n’hésitez pas à cliquer sur les édifices et d’autres endroits ! ) vous livre une humble présentation de ce site, bien éloigné du stéréotype des Indiens d’Amérique du nord demeurant dans des tipis.

Cahokia

Reconstitution de Cahokia, Raymond Bucko, SJ (Flickr). N’hésitez pas à cliquer sur les édifices et d’autres endroits !

La place centrale

Cette place constituait le centre social et religieux de Cahokia.

Cet espace vacant n'accueillait pas seulement les cérémonies cultuelles de la cité.
Le site servait également de terrain de tchung-kee, un sport amérindien originaire de Cahokia revêtant une dimension sacrée.

Ce jeu ressemblait un peu à la pétanque. Les deux joueurs firent rouler d'abord une pierre circulaire. Le but était ensuite de lancer des bâtons le plus près possible de cet objet. (Ou comment simplifier à l’extrême un sport amérindien complexe...)

=> À gauche, peinture de George Catlin. "Tchung-kee, a Mandan Game Played with a Ring and Pole", 1832-3. Smithsonian American Art Museum collection.

Monk's mound

Cette impressionnante butte constitua la plus importante de Cahokia. Plus large que la pyramide de Khéops à sa base (236 mètres contre 230,5 mètres) et plus haute que la tour Montparnasse (291 mètres contre 210 mètres), ce tertre se composa de trois terrasses.

ce tumulus accueillait les défunts les plus prestigieux de Cahokia. Il abritait également les temples les plus importants de la cité, ainsi que la résidence du souverain.

Au 18ème siècle, des moines trappistes édifièrent une chapelle au sommet du monticule affaissé, léguant ainsi leur nom à la butte.

=> Carte postale de Cahokia : vue sur la butte des moines. Michael Hampshire.

Woodhenge

Woodhenge était un espace circulaire délimité par des poteaux de cèdres rouges.

A l'instar de Stonehenge en Angleterre, ce monument servait de calendrier. Les ombres des bois, en fonction de leurs positions, indiquaient les équinoxes et les solstices.

Édifié à l'ouest et dans le prolongement de la butte des moines, woodhenge revêtait également une dimension religieuse et politique importante.

Lors des cérémonies liées aux solstices qui s'y déroulaient, les fidèles avaient l'impression de voir le soleil émerger de la butte des moines, où se tenaient les temples de la cité et la résidence du souverain. Le roi et les prêtres se présentaient ainsi comme des demi-dieux offrant le soleil au peuple.

=> Schéma de woodhenge, avec la position des ombres. Dessin de Heironymous Rowe.

Mound 48

Les Indiens du Mississippi recouvraient les édifices détruits d'une couche de terre. Au sommet de cette motte artificielle, ils édifièrent un nouveau bâtiment. Quand ce dernier tomba en ruine, ils le recouvrèrent à son tour d'une nouvelle strate d'argile. C'est ainsi que progressivement les mottes artificielles furent de plus en plus imposantes.

Les archéologues ont mis au jour de nombreuses sépultures dites intrusives :
Les Amérindiens enterrèrent leurs défunts sous ces tertres, souvent à l'emplacement d'une sépulture plus ancienne.

Ces monticules semblent en tout cas trahir une influence réciproque avec le monde de la Méso-Amérique.

=> Schéma type d'une plateforme des cultures du Mississippi. Herb Roe.

La palissade

La palissade en bois et en argile de Cahokia, longue de 3,2 kilomètres, protégeait le centre du site.

Cette muraille était de plus composée de tours d'observations disposées à intervalles réguliers. Cette enceinte devait protéger les élites, non seulement des cités rivales, mais aussi des populations défavorisées des environs.

De nombreuses autres cités du Mississippi employaient des palissades, comme celle de Kincaid.

=> Reconstitution du site de Kincaid, Illinois. Peinture de Herbert Roe.

=> Reconstitution d'une palissade à Town Creek Mound. Gerry Dincher (Flickr).

Les fermes

La région se composait de nombreux fleuves. Les sols fertiles se révélèrent propices à l'agriculture , pratiquée en ce lieu de manière intensive.

Les peuples du Mississippi cultivaient les trois sœurs amérindiennes (le maïs, les courges et les haricots), ainsi que les tournesols.

=> Champ de maïs. Nikki Mahadevan (geograph.org.uk).
=> Champ de citrouilles à Winchester, Oregon. Visitor8 (Wikimedia commons).
=> Champ de haricots, Warcickshire, Grande Bretagne. Roger Kidd (Wolomedia Commons).

La Canteen Creek

Réserve d'eau douce et de poissons, les fleuves jouèrent un autre rôle chez les Amérindiens.

Avant la conquête européenne, les Indiens d'Amérique ne disposaient ni de chariots, ni de chevaux. Les fleuves constituaient ainsi les principaux axes de communication.

Les habitants de Cahokia détournèrent le cours de la Canteen Creek, un affluent du Mississippi, aujourd'hui disparu. Il s'établirent à proximité de cette rivière, à proximité de l'axe nord-sud que constitue le Mississippi.

=> Le Mississippi vu depuis Effigy Mounds National Monuments, Iowa. In. http://www.nps.gov/efmo/index.htm

Le puits d'argile

À cet endroit, les habitants de Cahokia extrayaient l'argile nécessaire pour construire leurs maisons, édifier leurs tertres et modeler leurs céramiques.

Les cultures du Mississippi nous ont effectivement légué de nombreux types de poteries.

=> Diorama d'une femme modelant une poterie à Cahokia. Herb Roe, in. www.chromesun.com

Les habitations

Le murs de ces habitations étaient en torchis, un mélange d'eau, d'argiles et de fibres reposant sur une ossature en bois. Les toits se composaient de paille.

Les populations paysannes vivaient humblement, dans ces habitations de moindres qualités, si nous les comparons aux illustrations des demeures du centre de Cahokia.

=> Maquette d'une maison des cultures du Mississippi. Mountains Heritage Center, Townsend, Tennesse. Photographie de Brian Stansberry.

=> Reconstitution d'une maison de la culture du Mississippi à Spiro Mound, Le Flore, Oklahoma. Smallchief (Wikimedia Commons).

Mound 72

À cet emplacement, les archéologues ont mis au jour de nombreux squelettes de jeunes filles sacrifiées, étranglées puis couchées en ordre dans des fosses. Certaines victimes furent même enterrées vivantes.

Ces sacrifices de femmes avaient-ils un rapport avec le culte de la fécondité ? Étaient-ils organisés régulièrement ou seulement en période de crise afin de contenter des divinités en colère ?

Autant de questions qui divisent aujourd'hui les archéologues.

=> Reconstitution d'une scène de sacrifie humain. Heironymous Rowe (Wikimedia Commons).

Pour en savoir plus

Sur les différents peuples indiens :

Sur les rapports entre les Amérindiens et les populations blanches :

Sur les Indiens sédentaires d’Amérique du Nord :

  • Mallory McCane. Lost Cities of the Ancient Southeast. University Press of Florida, Gainesville, 1995, 216p.
  • J. Brody, Les Anasazis : les premiers Indiens du Sud-Ouest américain, Edisud, Aix-en-Provence, , 237 p.
  • Timothy Pauketat. The Ascent of Chiefs: Cahokia and Mississippian Politics in Native North America. University of Alabama Press, 1994, 235p.
  • Timothy R. Pauketat. Cahokia, ancient America’s Great City of the Mississippi. The Penguin Library of American Indian History, Londres, 2009, 208p. Un aperçu est disponible en ligne ! 

Sur les Indiens d’Amérique du Nord d’une manière générale :

  • René Thévenin, Paul Coze, Mœurs et histoire des Indiens d’Amérique du Nord, Paris, Payot et Rivages, 2004, 400p.
  • Claude Fohlen, Les Indiens d’Amérique du Nord, Paris, PUF, 3e édition corrigée, 1995,

Sur les Inuits :

  • Robert McGhee, La Préhistoire de l’arctique canadien, Musée national de l’Homme et Musées nationaux du Canada, Ottawa, 1984.
  • Robert McGhee, Ancient People of the Arctic, Vancouver, UBC Press, 1996.

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