L’animal champion de la survie toutes catégories…

800px-Mikrofoto.de-Baertierchen3

Tardigrade. Frank Fox, in http://www.mikro-foto.de

Ces incroyables animaux extrêmophiles

Certains animaux nous apportent de nouvelles pistes de réflexion sur le vivant. Il s’agit des organismes extrêmophilesorganismes capables de vivre dans des environnements mortels pour la plupart des autres espèces . Ces derniers nous prouvent que la vie peut s’imposer dans les environnements les plus hostiles.

C’est le cas de la Chlamydomonas nivalis. Cette algue microscopique vit dans la neige, regroupée en colonie de millions d’entités. Sa pigmentation rouge lui permet de stocker la chaleur, faisant fondre la neige alentour.

Watermelon_snow_pits

Algue des neiges. Photographie anonyme.

A l’instar de l’algue des neiges, de nombreux extrêmophiles ne peuvent survivre que dans un milieu extrême particulier :

  • Certains organismes sont capables de subsister dans de l’eau en ébullition.400px-Brothers_blacksmoker_hiresL’archée Pyrobolus Fumarii, se regroupe autours de cheminées hydrothermales et peut résister à des températures atteignant 113°C.
  • D’autres espèces évoluent dans les fonds abyssaux, supportant des pressions très élevées.La bactérie MT-41 réside dans la Fosse des Mariannes, (la fosse abyssale la plus profonde connue à ce jour) à 10.700 mètres de profondeur, endurant une pression de 111,46 Megapascals, soit 1.100 fois la pression atmosphérique !
Pas besoin de l’arche de Noé pour survivre…

L’animal qui nous intéresse est capable de survivre dans des milieux très variés. Il s’agit du tardigrade. Ce curieux animal, mélange improbable du Bibendum et d’une chenille, est pourtant remarquable… penchons-nous sur ses caractéristiques :

Animal_Waterbear

Tardigrade. Microscopie électronique à balayage. Bob Goldstein et Vicky Madden.

Animal_Tardigrade

Détail d’un tardigrade. William R. Miller.

Découvert par : Le biologiste Johann August Ephraim Goeze (1731-1793). Cependant, c’est le zoologiste Lazzaro Spallanzani (1729-1799) qui lui donna son nom de tardigrade, signifiant marcheur lent en Italien.

Taille : de 50 μm (0.05mm.) à 2 mm.

Embranchement : animal invertébré

Habitats : le tardigrade occupe des milieux aquatiques variés :
Des hauts sommets de l’Himalaya à 6000 mètres d’altitude, au fond des océans à 4000 mètres de profondeur. Des milieux chauds aux environnements les plus froids, de l’eau salée à l’eau douce…
Son habitat de prédilection demeure cependant les endroits humides des forêts et des toundras, du fait de son régime alimentaire. (Il se nourrit de lichens et de mousses.)

Atout de taille : Sa capacité à entrer en cryptobiose. Il s’agit d’un état de stase. Le métabolisme et les fonctions vitales sont « mises en pause ». Le tardigrade perd plus de 99% de son eau, qu’il remplace par un sucre agissant comme un antigel. (Une sorte d’auto-momification) Enfin, l’animal recouvre son corps d’une boule de cire pour se protéger des menaces extérieures durant sa léthargie.

Animal_tardigrade_cryptobiose

Tardigrade en cryptobiose. Source inconnue.

La cryptobiose permet au tardigrade de faire face aux conditions les plus extrêmes. Dans cet état, il est :

  • PsychrophileRésistance au froid : Il peut survivre pendant plusieurs jours à une température de -272,8°c, proche du zéro absolu (-273,15°c : température la plus basse qui puisse exister en théorie, mais inaccessible dans la pratique.)
  • ThermophileRésistance au chaud : Il est capable de supporter une température de 151°c pendant plusieurs minutes.
  • barophileRésistance à de très fortes pressions  : le tardigrade peut endurer des pressions d’environ… 600 mégapascals, soit plus de 6000 fois la pression atmosphérique !
  • RadiorésistantRésistance aux radiations : le tardigrade peut faire face à de fortes doses de radiations, jusqu’à 570.000 rads (500 rads étant la dose mortelle pour l’homme…)

La durée maximum théorique de la cryptobiose du tardigrade n’est pas connue. Huit années étant le maximum observé par les scientifiques.

Fait d’arme : De part ses caractéristiques surprenantes, le tardigrade a été le sujet de nombreuses expériences. La plus remarquable fut sans doute celle entreprise en septembre 2007 par le Suédois Ingemar Jönsson, de l’université de Kristianstad. Il a eu la bonne idée… d’envoyer des tardigrades dans l’espace. Le groupe des tardigrades exposé aux plus fortes radiations fut entièrement décimé. En revanche, 68% des sujets protégés des U.V les plus importants survécurent. Toutefois, certains moururent dans les 30 minutes suivant leur retour sur terre.

Le tardigrade nous présente l’incroyable capacité du vivant à subsister, y compris dans les environnements les plus défavorables. Voilà qui nous amène à réviser notre jugement sur les conditions nécessaires pour qu’apparaisse la vie…

Pour en savoir plus :

Dans vos recherches sur les tardigrades, soyez très prudent. De nombreux sites grossissent volontairement le trait, désireux de voir dans cet animal un alien…

Les liens et ouvrages que je vous présente sont, normalement, les sources en ligne les plus sérieuses à ce sujet.

Niveau Bonus : l’Antagoniste du tardigrade, le kakapo

L’animal qui semble être le parfait antagoniste du tardigrade, c’est à dire avec le moins de chances de survie, est sans doute le kakapo

Animal_Kakapo

Photographie d’un jeune kakapo (Strigops habroptila), Codfish Island. Mnolf (Wikimedia Commons).

Ce perroquet, le seul non volant, est une espèce endémiqueQui ne se trouve que dans une zone géographique limitée de la Nouvelle-Zélande. Dépourvu de prédateurs naturels, il y vivait heureux… mais n’a développé aucun mécanismes d’auto-défense. Quand les Polynésiens, puis les Européens ont colonisé l’île, ce pauvre oiseau s’est retrouvé à la merci des prédateurs introduits par l’homme.

Pas très futé, il lui arrive pour fuir, de monter en haut d’un arbre et de sauter, puis de s’écraser… ayant sans doute oublié qu’il ne sait pas voler.
Il peut également se défendre s’il se sent menacé. Jugez-en plutôt à cette vidéo :

Bref, je voulais profiter de ce petit bonus pour vous sensibiliser au sort de ce sympathique oiseau du nom de kakapo, hélas en voie de disparition. Vous pouvez contribuer à sa préservation:

Car la survie des espèces dépend surtout de nos actions…

Vous aimerez aussi :

 

Moustique

jeu photo

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *