Aux origines de la Grèce Antique : des mythos mythiques

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Extrait du film « Troie » de Wolfgang Petersen, 2004.

Pour vous accompagner dans votre aventure méditerranéenne, une sélection de trois morceaux de Rebétiko (Chanteurs : Angéla /Georges Dalaras) : Πες το ναι και δεν θα χασεις – H παλτουδια – Το σχολείο.

La Grèce antique, par la richesse de sa mythologie et de son histoire, nous fascine. Sa popularité est de plus liée à la vision idéalisée que nous en avons. En effet, nous considérons à tort cette ère historique et cette aire géographique comme le fondement de nombreuses civilisations.

Une société appréciée qui regorge de péripéties remarquables. L’antiquité grecque se révèle être un sujet idéal à exploiter pour les médias. Le but ? Conforter le spectateur dans ses fantasmes et ses clichés en lui présentant une société spectaculaire, oscillant entre le mythe et l’histoire.

La période des premiers Grecs, de la Crète de Minos aux puissantes forteresses mycéniennes, s’avère sur ce point intéressante. C’est durant cette ère méconnue que les hellènes de la période classique situaient les épisodes de leur mythologie. Les archéologues du XIXème siècle continuèrent de confondre histoire et mythologie en se plaisant à accorder un fond de véracité historique à certains contes. Le meilleur exemple de cette hybridation entre le réel et la fable, sur lequel nous reviendrons sur cette page, constitue certainement la Troie de Schliemann…

Cet article tente justement de démythifier cette Grèce fantasmée. Toutefois, vous verrez que la réalité est aussi dans ce cas tout aussi passionnante, voir d’avantage, que les chimères des érudits d’antan…

Les premiers en Grèce ne parlaient pas le grec

La civilisation des îles des Cyclades… (-3200 à -2000)

Si la Grèce est peuplée depuis le Paléolithique Période de la préhistoire signifiant en grec : ancien âge de la Pierre. Cette ère voit l’apparition des premières espèces du genre homo. Le Paléolithique grec s’étend de -200.000 à -8.000, la première civilisation attestée fleurit au sein des îles des Cyclades,706px-Nomos_Kykladon de -3200 à -2000.

Cette dernière est surtout connue pour ses énigmatiques statuettes de marbre. Ces idoles, jadis peintes, représenteraient pour la plupart une déesse de la fertilité.

sailko (Wikimedia Commons), photographie de deux idoles cycladiques, d'une céramique et d'un kernos. Musée national archéologique, Athènes.

Deux idoles cycladiques, d’une céramique et d’un kernos. Musée national archéologique, Athènes. Sailko (Wikimedia Commons).

Le cas échéant, nous pouvons rapprocher la religion cycladique des rites préhistoriques associés  à la Grande Déesse. Durant toute la préhistoire, à des lieux et siècles différents, les archéologues ont découvert diverses représentations de divinités féminines aux formes généreuses, illustrant la fécondité. Il s’agirait pour certains auteurs d’un culte primitif universel associé à la fertilité… une hypothèse à prendre avec un certain recul !                                              VDM

Les archéologues ont également mis au jour d’étranges céramiques nommées kernoi,  un kernos, des kernoi pareillement associées à la religion. Un Kernos se compose de petites vasques reliées entre elles, dans lesquelles les croyants déposaient des offrandes. Ces dernières pouvaient être destinées aux défunts (de nombreux kernoi ont été retrouvés dans des tombes), ou à la déesse mère. En effet, les kernoi perdurèrent en Grèce durant toute la période historique où ils servaient pour les libations consacrées à Déméter et Cybèle, deux déesses de la fertilité,  tout comme la divinité cycladique. Cela signifierait-il que le culte de la Déesse mère persista en Grèce durant la période historique, sous la forme de ces divinités de la fécondité ? La mention la plus ancienne de Déméter provient d’inscriptions crétoises du 2ème millénaire jc. (Tablettes d’Arkalochori / AR Zf 1 – AR Zf 2) . Quand à Cybèle, son origine remonterait… au 6ème millénaire av.jc (S.P. Beekes, Etymological Dictionary of Greek, Brill, 2009, 794p. (s.v. « Κυβέλη ») 

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Kernos découvert dans une tombe de Mélos, vers -2000, musée du Louvre. Marie-Lan Nguyen (Wikimedia Commons).

Les peuplades cycladiques n’ont légué aucun système d’écriture. Il est ainsi impossible de savoir quelle langue ils parlaient, mais il est presque certain qu’il ne s’agissait pas d’un dialecte grec.

… Et celle de l’île de Crète (-2700 à -1200)

Cette culture entretenait des rapports étroits avec la civilisation minoenne, plus au sud. Son nom provient de Minos, roi légendaire de la Crète. (Cliquez ici si vous désirez en savoir plus à son sujet.) C’est en effet sur cette île que cette société perdura de  -2700 à -1200.  Grâce à sa position stratégique en Méditerranée orientale, la Crète constitua un important carrefour commercial.MAP Les Minoens prospérèrent, exportant leur culture dans les Cyclades et en Grèce Continentale.

Ce peuple employa d’abord des idéogrammes, Système d’écriture dans lequel un signe correspond à un objet ou un concept. IDEOpuis adopta vers -1900, un nouveau système d’écriture : le Linéaire A. Ce syllabaire Système d’écriture dans lequel un signe correspond à une syllabe n’a jamais été déchiffré. Nous ne connaissons donc pas le langage des Minoens. Cependant, Il est  presque certain qu’il ne s’agissait pas d’un idiome grec, mais d’une langue orientale. Nous connaissons en effet la valeur phonétique de quelques caractères, de même que quelques noms propres qui n’ont aucun rapport avec la langue des Hellènes.

Arthur et Heinrich au pays des merveilles…

La recréation : Arthur imagine Knossos.

La civilisation minoenne est surtout célèbre pour ses sites archéologiques. Malia, Phaistos, Aghia Triada… sans oublier le fameux palais de Knossos. Redécouvertes en 1878 par un antiquaire, les ruines furent rachetées en 1900 par un aventurier britannique fantasque : Arthur John Evans. (1851-1941)

Marc Ryckaert, photographie de l'aile nord du palais de Cnossos

Aile nord du palais de Cnossos. Marc Ryckaert.

Si Arthur Evans mena de nombreuses fouilles remarquables sur le site de Knossos, Il se livra néanmoins à des reconstitutions hasardeuses. En témoigne l’aile nord du palais. Les colonnes, l’entablement et la peinture murale sont le fruit de son imagination. Ces éléments, entièrement édifiés par l’archéologue amateur se composent… de béton.

Un autre exemple : la fameuse fresque du prince au lys, daté de 1926… après jc. Souhaitant reconstituer une peinture murale délabrée, un certain M. Gilliéron fils, a assemblé entre eux des morceaux… de trois œuvres différentes. Une tiare, un torse et une jambe. La couronne serait celle d’une prêtresse et le torse… celui d’un athlète. L’artiste en herbe a ensuite laissé parler son imagination, dessinant le reste du corps pour relier les différents fragments.

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Le prince aux lys, musée archéologique d’Héraklion. Tkoletsis (Wikimedia Commons)

Notons d’ailleurs que les reconstitutions de fresques de Knossos s’inspirent de l’art nouveau, style en vogue à l’époque des fouilles…

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Fresque des Dames en bleue, palais de Knossos. Cavorite (Wikimedia Commons).

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Alphonse Mucha, paquet de cigarette Job, 1896.

Certaines conclusions d’Arthur Evans peuvent aussi nous laisser perplexe. Pour l’archéologue britannique, cette île prospère, en avance sur son temps, dominait la Méditerranée sous l’égide d’un monarque éclairé. Voyait-il en cette civilisation insulaire l’ancêtre de l’Angleterre victorienne ?

La récréation : Heinrich s’amuse avec Homère.

Le manque d’objectivité mena certains érudits à adapter le fait archéologique pour le faire correspondre à leurs clichés et à leurs fantasmes. Heinrich Schliemann (1822-1890) en demeure certainement le meilleur exemple. Cet entrepreneur allemand était passionné par l’Iliade.  Après avoir fait fortune, il entreprit de découvrir les sites légendaires de la guerre de Troie. En 1872, cet archéologue a mis au jour près du détroit des DardanellesDardanelles_carte d’antiques ruines. Pour Schliemann il s’agissait de celles de Troie. Le site se compose de neuf villes d’époques différentes superposées les unes sur les autres. Celle du conflit éponyme, s’il a existé, serait la sixième.

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Cependant, Heinrich Schliemann pensait que la ville homérique était la deuxième de ces cités. Il se basa sur le récit de l’Iliade pour interpréter ses découvertes archéologiques. Trouve t-il un trésor ? Il ne peut s’agir que de celui de Priam, le roi d’Ilion. Autre appellation de Troie, d’où provient le nom de l’Iliade. Découvre t-il quelques bijoux ? (dont il a paré sa femme Sophia.) Ce sont ceux de la belle Hélène. La ville de Troie II présente t-elle des traces de carbonisation, indiquant que la cité a disparu à cause d’un incendie ? Voilà la preuve de sa destruction par les Grecs… Un seul but, faire correspondre les données archéologiques avec le mythe.

 

Photographie anonyme de Sophia Schliemann parées des bijoux d'Hélène, 1873

Sophia Schliemann parée des bijoux d’Hélène, 1873. Photographie anonyme.

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Trésor de « Priam », -2200, conservé aujourd’hui au Musée des beaux-arts Pouchkine, Moscou. Photographie anonyme.

Après avoir trouvé le site de Troie, Schliemann souhaitait mettre au jour le second lieu le plus important de l’Iliade : Mycènes. Ce fût chose faîte en 1876. L’aventurier adopta la même démarche que pour Troie, interprétant les données archéologiques à la lumière de son livre de chevet. S’il déterre un masque funéraire, il ne peut s’agir que de celui du souverain légendaire de Mycènes, Agamemnon.

DieBuche (Wikimedia Commons), photographie d'un masque funéraire, dit "d'Agamemnon", 16ème siècle av.jc, musée archéologique national d'Athènes.

Masque funéraire, dit « d’Agamemnon », 16ème siècle av.jc, musée archéologique national d’Athènes. DieBuche (Wikimedia Commons).

Heinrich Schliemann avait cependant raison sur un point : la civilisation qu’il venait de découvrir était bien une société de langue grecque. Il s’agit même de la plus ancienne culture hellénique attestée. Les Protogrecs, originaires du nord des Balkans, migrèrent progressivement vers la Grèce continentale à partir de -2000. Ces populations prospérèrent, composant de -1700 à -1100 la civilisation mycénienne. Des roitelets régnaient à partir de cités-forteresses, dont Mycènes ne fut qu’un pôle parmi d’autres. Le système d’écriture qu’ils employaient, le linéaire B, inspiré du linéaire A minoen, est déchiffrable. Il est la preuve que le mycénien est bien un dialecte grec. Certains noms de divinités, comme Zeus, Poséidon ou Dionysos apparaissent déjà sur les tablettes d’argile. Cependant, considérer que les mycéniens représentent les grecs de l’Iliade semble plus difficile à affirmer.

Grèce, Reconstitution de la forteresse de Mycènes, In. Elsi Spathari, Mycènes, guide historique et archéologique, Ed. Hespéros, Athènes 2001, 96 p.

Reconstitution de la forteresse de Mycènes, In. Elsi Spathari, Mycènes, guide historique et archéologique, Ed. Hespéros, Athènes 2001, 96 p.

L’Iliade, un récit de tous connu…mais rarement parcouru

La guerre de Troie, de l’âge du bronze…

Il existe pourtant de nombreuses références au monde mycénien dans ce poème épique.
Nous pouvons par exemple noter des similitudes entre les épées d’Agamemnon et d’Achille, telle qu’elles sont décrites dans le texte d’Homère (Iliade XI-21 et XIX-375), et les armes mycéniennes.

« Sur ses épaules, l’Atride jeta l’épée ; des clous d’or y étincelaient. » (Iliade XI-21)

« Sur ses épaules, il jeta l’épée ornée de clous d’argent, elle-même en bronze » (Iliade, XIX-375)

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Épées mycéniennes de bronze et or. V. -1200, Musée archéologique d’Héraklion, Crète. In. http://satrapminiatures.blogspot.fr/2012_03_01_archive.html

Le descriptif du heaume d’OdysseusNom original d’Ulysse, cette appellation étant latine. l’Odyssée narre en effet les péripéties de ce héros  illustre aussi cette correspondance.
« Et le Laertiade mit sur sa tête un casque fait de peau, fortement lié, en dedans, de courroies, que les dents blanches d’un sanglier hérissaient de toutes parts au dehors, et couvert de poils au milieu. » (Iliade X-177)

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Casque en défenses de sangliers mycénien et de quelques figurines arborant ce heaume, 13ème siècle av.jc, musée d’archéologie national, Athènes. Richard Miles (Tumblr).

…À l’ère du fer !

Cependant, l’Iliade présente également des éléments d’une autre époque. Les cités-états émergèrent en Grèce à partir du 8ème-7ème siècle av.jc. Les hommes qui les composaient étaient conscients d’appartenir à une même communauté. Les citoyens combattaient ensemble, en égaux et surtout en rang serré où chaque soldat dépendait de l’autre. Il s’agit de la phalange de hoplites dont la vidéo ci-dessous nous livre en livre une reconstitution :

Cette manière de combattre n’est pas absente de l’épopée homérique :
« Les preux, les meilleurs attendent les Troyens et le divin Hector en se faisant, de leurs piques et boucliers, un mutuel rempart. L’écu frôle l’écu, le casque est près du casque, l’homme s’appuie à l’homme. Les cimiers éclatants des casques à crinière se heurtent chaque fois que les guerriers se penchent, tant ils sont là serrés les uns contre les autres. Les lances, que leurs mains intrépides brandissent, l’une l’autre se doublent »  (Iliade, XVI 213-220)

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Olpé ou Oenochoé Chigi, vers -630, musée de la Villa Giulia, Rome. Photographie anonyme.

Plusieurs siècles séparent l’équipement mycénien de -1200, de la révolution hoplitique de -750. Et pourtant, l’Iliade met en avant de nombreux autres anachronismes.

L’écriture disparaît en Grèce vers -1100 et réapparaît vers -800. Pendant 500 ans, la tradition orale s’imposa. Le souvenir d’un conflit archaïque se serait-il transmis de génération en génération ? Les Rhapsodes, poètes itinérants déclamant des épopées, auraient enrichi le récit en y ajoutant de nouveaux éléments, avant que l’oeuvre soit définitivement posée par écrit. HomèreLazy_Homer_SimpsonPas celui-là ! n’aurait ainsi jamais existé.

Notons par ailleurs que l’Iliade ne relate qu’une infime partie du conflit. Le texte débute avec la colère d’Achille et s’achève… avec les funérailles du héros troyen Hector. Oui, la chute d’Ilion n’y est en aucun cas mentionnée, tout comme le cheval de Troie. C’est au chant IV (251-290) de l’Odyssée qu’est relaté pour la première fois cet épisode.
Ne vous ridiculisez donc pas en société en disant que vous avez lu l’Iliade et adoré l’épisode du cheval de Troie…

Le nom de Grecs, hélas !

Un dernier point concernant l’Iliade : l’appellation de Grec n’apparaît pas dans le récit homérique.  Les noms qui reviennent le plus souvent  pour désigner les forces grecques sont ceux d’Achéens, tribu qui occupait la forteresse de Mycènes, de Danaéens, descendants de Danaos, ou encore d’Argiens, habitants de la ville d’Argos.

En effet, le vocable de Grec s’avère quelque peu impropre pour qualifier ce peuple. Ce mot provient du latin Graecia, dont l’origine reste incertaine. Le terme exact pour désigner les Grecs est  « Hellène. » Aujourd’hui encore, le nom officiel de la Grèce se trouve être Hellás. De là provient le terme hellénistique pour désigner l’époque qui a succédé aux conquêtes d’Alexandre le Grand, mais il s’agit là d’une autre histoire…

Cette pérégrination au sein des premiers âges de la Grèce et de ses clichés s’achève ici. Nous avons vu l’importance de revenir sur les faits, surtout si nous les considérons comme établis.

Carte de la Grèce, Age du bronze

Les civilisations de l’âge du bronze en Grèce, avec la ville de Troie. Par : votre humble serviteur.

Niveau bonus

Si vous avez été déçu de savoir que le site de Knossos compte de nombreuses reconstitutions hasardeuses en béton, vous pouvez cependant vous rendre sur le site d’Akrotiri à Santorin-Théra. Cette île des Cyclades comprend une authentique cité antique fortement influencée par la civilisation minoenne. Les habitants y prospéraient,  commerçant dans le bassin méditerranéen, notamment avec la Crète. Jusqu’à ce terrible jour de vers -1500. Le volcan insulaire entra en éruption, dévastant l’île et provoquant un terrible raz-de-marée ravageant la côte crétoise, pourtant à plus de 100 km de l’explosion.

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Théra et la Crète, Susan Peach, Anne Millard, les Grecs, Usborne Publishing Ltd, Londres, 1992, 96p.

NASA

l’île de Santorin-Théra. Photographie satellite de la NASA

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, les cendres dispersées par le volcan ont recouvert le site, le préservant à la manière de Pompéi. Akrotiri nous permet d’avoir un aperçu authentique de l’âge du bronze en mer Egée…
De très belles photos sur cette page.

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Habitations du site d’Akrotiri. Nobert nagel (Wikimedia Commons).

Pour en savoir plus :

Sur les fouilles de Knossos :

Sur Homère : 

  • Jacqueline de Romilly : Homère, que sais-je, P.U.F, Paris, 2005, 127p.
  • P. Vidal-Naquet : Le monde d’Homère, collection tempus (ed. Perrins), Paris, 2002, 163p.

Sur les forteresses de l’âge du bronze égéen :

  • Nic Fields, Troy c. 1700-1250 BC, Osprey., Fortress 017, 2004, 64p.
  • Nic Fields, Mycenaean Citadels c. 1350-1200 BC, Osprey, Fortress 022, 2004, 64p.

Sur les guerriers de l’âge du bronze égéen :

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